Chapitre 4: La Montagne Rouge

La Montagne Rouge

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vision

La Montagne Rouge est verte.

Elle est verte à perte de vue. C’est une expression que l’on n’emploie pas à Paris car la vue s’y heurte à la permanence de l’étroitesse et nous fatigue la pensée.

Ici l’immensité verte transcende la diversité et le regard s’abandonne à la vision naradesque.

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vert

Les plantes frêles non ligneuses, dont les parties aériennes meurent après la fructification, revendiquent le vert comme couleur primaire.

Au commencement était l’herbe, une lumière froide tubulaire que certains savants inspirés appellent « cordes ».
Une erreur est survenue, un noyau s’est formé.

L’erreur, pour exister, a du se répéter et pour mieux se distinguer, elle s’est scindée en deux antagonismes: une onde jaune brulante et un bleu aquatique originel.

La valériane, l’estragon, le chanvre, le persil, la chélidoine, le salsifis, la luzerne, entretiennent la fable à travers des réseaux herbacés pour ne pas mourir du traitement empoisonné que leur assène la modernité.

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Vert cubiste

cubisme copie

Cent insectes: 1 papillon, 8 coléoptères, 27 abeilles et 64 araignées rouges.

Un au cube + deux au cube + trois au cube + quatre au cube = cent, c’est du cubisme!

Bivouac

bivouac

La Montagne Rouge n’est pas habitée que par des insectes, des cochons sauvages ou des chevreuils au cul blanc.

On y trouve des agriculteurs méfiants que nous tentons d’amadouer avec rien, sinon nos exotismes.

Salvat a confectionné la circulaire de l’angle droit, qui sonne à midi, pendant que je leur apprends à compter jusqu’à quatre avec les dix doigts, c’est musical.

Comme Tovog s’est aménagé un trou dans la terre, Salvat s’est installé dans les airs; il ne me restait plus qu’à faire une habitation dédiée à l’eau.

extrait du journal d’Andrew Johnson

 

Pentattitude des arbres

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Caractère arboricole

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« Nous n’avons pour les arbres que du mépris. L’arbre est un bouseux qui ne connait pas la mode, un cul-terreux jamais sexy, toujours trop vieux… »

À cet instant je prends une grande claque dans gueule, un moment de flottement puis je prends conscience que l’arbre m’attaque. Le temps de me ressaisir j’en prends une autre sur la joue gauche, comme Jésus. Là je m’énerve et lui balance un grand coup de pied dans les fruits. Ceux-ci explosent et ça lui fait mal. Je vois qu’il accuse le coup, je le défie du regard et il ne bouge plus.

Alors je lui demande de m’excuser pour ce que j’ai dit. Il me répond que ce n’est pas tant ce que j’ai dit mais la façon dont je l’ai dit.

C’est alors que je réalise que comme on l’a proclamé pour Dieu, l’arbre possède en lui une grande part féminine et que ça change tout.

extrait du journal d’Andrew Johnson: dialogue avec un arbre.

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Grande plante ligneuse, créature du temps, ses fondations pesantes et noueuses disparaissent dans les profondeurs de la terre.

Immobile et brutale, forte comme un pachyderme dont elle imite  la peau, elle se ramifie presque à l’infini d’artères en venelles jusqu’à atteindre la délicatesse d’une fleur.

Sur son écorce, elle accumule les recoins, elle est sinueuse anguleuse et cassante, mais surtout elle accueille les rampants, les bondissants, les bourdonnants, les voltigeurs, les sautillants, les grimpeurs qui adaptent leur logement en fonction de leurs besoins ergonomiques à géométrie variable.

Voilà qui fait rêver Urbain et réveille le singe arboricole qui sommeille en lui.

Influence arboricole sur le psychisme d’Andrew Johnson

influence

Phase 2 de l’influence

fourmi

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Différences de point de vue

arboriculture

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1 Le point de vue de Johnson: un feuillage aérien, maniéré et lumineux.

feuillageaerien

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2 Point de vue de Salvat: l’arbre est un processus  relationnel mécanique,

le résultat d’une équation à trois inconnues adeptes de la multiplication.

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3 Point de vue de Tovog: les racines

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Underground

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Tout au long de son existence, l’arbre développe son double souterrain.

Cette constatation nous trouble: à l’instar de l’arbre, l’humain développe-t-il un double invisible?

Et dans ce cas, ce double se trouve-t-il dans nos rêves comme le prétend Naradan?

extrait du journal d’Andrew Johnson

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L’oeil

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extrait du journal d’Andrew Johnson

Depuis notre arrivée, nous nous comportons comme des écolos

émerveillés culpabiliséspar la modernité et ses corollaires polluants.

Il est vrai que la montagne rouge exacerbe nos sens, surtout les primitifs,

le goût, le toucher, l’odorat et notre rapport à la terre est envoûtant.Mais, Naradan nous avait promis des Egayova d’amour

et des Vénus qui courent. Nous avons pêché par impatience et nos travers de citadins ont repris le dessus.

Nous avons érigé un oeil, parce qu’on voulait voir pour savoir.

Le sacrifice du peuplier: érection de l’oeil

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Le peuplier était malade, du moins nous nous en sommes convaincus.

Une cruauté humaine nous a permis de l’abattre. La tronçonneuse fut la mobylette du

massacre que nous avons accompli comme des religieux, ainsi que l’érection qui s’en est suivie.

 

Tronçonnage

tronconage copie

Tronçonneuse

tronconeuse

Chapitre 5

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